16 avril 2010: Economic Confidence Model (M. Armstrong)

Publié le par Laurent

Disons tout de suite que le but de la présente note n'est pas de faire une évaluation du modèle "Economic Confidence" de Martin Armstrong, ce type emprisonné depuis plusieurs années sans procès après avoir été un des économistes les mieux payés de son département Princeton Economics (à  ma connaissance, aucun rapport avec l'Université de Princeton). Ce type a écrit une quantité considérable de textes depuis sa prison (dont une série récente intitulée "From the hole") qui sont relayés par des gens qui suivent scrupuleusement les prévisions de cette personne plutot hors du commun. D'ailleurs, avec Armstrong, une certaine fascination est de mise puisqu'on a l'impression de baigner dans un James Bond; un modèle financier secret, la CIA, la prison, un code informatique aux retombées potentiellement extraordinaires, et j'en passe ...

 

En tant que mathématicien, je me suis plongé l'automne dernier dans son livre (tapé sur une vieille machine à écrire, comme les jeunes pirates informatiques arrétés par le FBI dans les films hollywoodiens) intitulé "It's just time-Decline and fall of the USA" parce que j'avais la folle ambition de "recoller" les théories boursières basées sur les cycles (Elliott and co.); soyons clairs, ce texte est touffu, mal rédigé (sur les standards universitaires), parfois confus et répétitif. Maintenant, il faut tenir compte que le gars est en taule depuis des années ... Tout le monde n'est pas Soljenytsine! Sur le plan mathématique, c'est creux; les références aux équations de Maxwell sont douteuses et celles à Fibonacci sont à mettre avec celles qui y voient un "ordre caché de la Nature et de l'Univers". Pas de quoi s'enthousiasmer!

 

Toutefois, il n'est pas exclu que le texte soit affaibli par le verbiage scientifique approximatif et il reste tout de meme la substantifique moelle: les modèles cycliques. Et là, le mathématicien que je suis est bien obligé de reconnaitre que "ça marche", meme si a priori, je n'en vois aucune raison rigoureuse. Donc, dans la suite de ce texte, j'admets la pertinence du modèle d'Armstrong. Récemment, ce modèle a fourni 2 dates significatives: le 10 janvier 2010 et le 16 avril prochain. [L'article figurant au bout du lien précédent va servir de référence permanente pour le reste de cette note].

 

Donc, dans son texte intitulé "The Coming Great Depression", Armstrong met ces 2 dates sur un meme plan d'importance dans un contexte général lié à la volatilité: "Though we can not say for sure what, if anything, will happen on April 16, 2010, it is clear that Armstrong is predicting (and has been since 1985) that volatility is the name of the game - which means unless you are in the know, get out of the stock market. If we have volatility in the stock market, you can be assured that there is volatility in non-financial aspects of the world as well". J'ai donc choisi de chercher du coté de la volatilité; or, le 11 janvier 2010, un évennement a eu lieu dans ce secteur, souligné en son temps par Mole sur son site Evilspeculator.com, à savoir un reversal candle sur l'indice de volatilité implicite VIX. Voyons cela de plus près:

 

VIX-armstrong

 

Ci-dessus, on note le 11 janvier un "bébé abandonné" séparé des autres bougies par 2 gaps de cotation et situé hors des bandes de Bollinger. Celui-ci est apparu un peu avant le pull-back sur les indices actions ... Et justement, le 12 avril, nous avons une autre bougie similaire, partiellement hors des memes bandes, avec un plus-bas inférieur à celle de janvier. D'autre part, le 16 avril est une journée d'expiration d'options (OPEX) des "3 sorcières". Les maniaques de l'histoire des marché notent que le rally qui corrigea le krach de 1929 s'est terminé le 16 avril 1930.

 

[N.B.: on a le meme "bébé abandonné" sur le Nasdaq Composite aujourd'hui.]

 

Retournons à la volatilité: qu'elle soit implicite ou statistique, elle s'écrase indéniablement depuis des mois entiers, ce qui est pour le moins suspect vu l'avalanche de mauvaises nouvelles qui arrivent de l'économie réelle! Philippe Béchade explique très bien cela dans sa Chronique d'aujourd'hui: "l'apparente pause dans le rally haussier masque en réalité une information essentielle : la matérialisation furtive d'enjeux portant sur des dizaines de milliards de dollars (ou d'euros) d'engagements à terme. Le "rien ne saurait faire bouger les marchés" cache une intense manipulation des indices s'étendant sur une période de plusieurs semaines et visant à écraser la volatilité. Il faudrait être bien naïf pour croire qu'une telle perfection du canal haussier résulte d'une psychologie de marché mêlant à parts égales confiance et prudence ... Le marché est en réalité emprisonné par une sorte de camisole informatique, et les fortunes se font ailleurs... en toute discrétion et par la grâce d'une extinction sans équivalent depuis juillet 2007 de la volatilité des dérivés d'indices boursiers et d'actions (options, turbos, warrants). L'effondrement du VIX vers 15,6% induit que le stress implicite des opérateurs n'est désormais pas plus élevé qu'au milieu de l'été 2007. Atteindre un niveau aussi bas a en fait quelque chose de proprement vertigineux ! Les opérateurs commencent en effet à préparer la journée des "Trois sorcières". La magie noire mise en oeuvre depuis six semaines consistera à pétrifier les indices boursiers 48 heures de plus, afin que les stratégies complexes d'arbitrages de volatilité produisent la quintessence de leur potentiel de gain... réservé à une microscopique élite de connaisseurs fortunés.".

 

Ma conjecture pour le cycle d'Armstrong est donc simple à énoncer: maintenant que "le marché s'abandonne à une confiance béate et généralisée, la volatilité peut désormais faire son grand retour " ? [je cite encore Ph. Béchade] Et bien évidemment, on pense au 16 avril pour proposer une date d'inversion possible (de débouclage) des stratégies d'écrasement de volatilité!

 

Observons maintenant l'indice élargi Wilshire 5000, avec 2 indicateurs de breadth:

 

WLSH-armstrong 

 

Il est clair que plus le rally a progressé, plus les "pics" haussiers des ratios "volumes de titres en hausse/titres en baisse", toujours arrivés à point nommé pour faire le maximum de dégats chez les spéculateurs à la baisse (le plus fort étant bien sur celui de mars 2009) ont baissé d'intensité de façon monotone. Ces pics ont entrainé des short squeezes notoires. Vu la répartition bull/bear actuellement en vigueur, il reste bien peu de positions à squeezer! Et comme les classes moyennes sont positionnées via les pension funds ...

Publié dans Bourse

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Laurent 16/04/2010 22:46



Merci, personnellement, je ne maitrise pas le modèle d'Armstrong, en partie parce que son auteur ne le décrit qu'imparfaitement dans ses écrits. Toutefois, il est frappant de voir que s'il on
admet que c'est le VIX la bonne quantité à regarder pour ces 2 dernières dates, alors on a un comportement très marqué: http://stockcharts.com/h-sc/ui?s=$VIX&p=D&yr=0&mn=4&dy=0&id=p83087871381


Aujourd'hui, l'indice de volatilité implicite a fait un bond par delà et a fermé jusqu'à la limite supérieure de la bande de Bollinger! Je me demande si cela marque un début de "vague
d'Armstrong" puisque le cas échéant, elle devrait aller jusqu'à juin 2011. (lire encore "the coming great depression")



Harlok 16/04/2010 21:51



Tiens c'est marrant ça, le modèle cyclique d'Armstrong aurait fonctionné encore aujourd'hui!!


Un petit message d'un lecteur de tropical...qui apprécie votre blog. C'est très complexe pour moi mais il y a des choses à glaner, c'est indéniable!


Harlok