Rita, la chatte miraculée

Publié le par Laurent

Le 4 novembre 2009, une dame de mon village m'a apporté une jeune chatte visiblement malade qui avait cherché refuge sur son pas de porte; à l'époque, elle promettait d'avoir quelqu'un pret à la reprendre au cas où il serait possible de la remettre "sur pattes" ... On n'a plus jamais entendu parler d'elle! Par contre, l'animal et sa maladie ont été une source inépuisable de stress pendant presque 2 mois, le temps de la soigner. Je n'ai pris aucune photo de cette petite chatte à l'époque, parce qu'elle faisait peine à voir et on n'était pas surs du tout qu'elle puisse survivre. Limitons-nous à dire qu'elle pesait à peine 2 kilos, qu'elle était couverte de parasites, qu'elle refusait de manger, qu'elle avait un souffle très court et qu'elle était incapable de se tenir dans une autre position que celle dite "du sphinx" (en particulier, elle ne pouvait pas "se rouler en boule" pour dormir). Après un premier vétérinaire convaincu qu'elle n'avait meme pas 3 jours à vivre (les délices de la médecine privée pour laquelle les cas trop difficiles sont jugés "pas rentables" donc à écarter) qui nous fit un diagnostic faux, une flébo inutile mais était pret à nous facturer des vaccins (à un animal à 2 doigts de mourir, décidemment, on fait du fric avec n'importe quoi lorsqu'on a des dettes immobilières!), nous en avons consulté une autre qui, o miracle, fit le diagnostic juste, à savoir un piotorace (en italien dans le texte), ce qui peut se traduire par "versement pleurétique". Ce genre de situation dramatique est le plus souvent la conséquence d'une blessure pénétrante dans la cage thoracique; celle-ci se cicatrise et se referme malgré de l'infection qui reste présente à l'intérieur. Les germes se développent, ce qui stimule le système immunitaire qui fabrique des globules blancs. Du pus apparait dans la cavité pleurétique et commence à appuyer sur les poumons (d'où le souffle très court) et le coeur. La mort survient alors, soit par asphyxie, soit par arret cardiaque.

Meme avec ce diagnostic juste en main, la situation restait critique puisqu'un animal aussi faible ne peut en aucun cas supporter une anesthésie, meme locale. Or, un drainage (dans le 6è intervalle intercostal) est absolument indispensable pour dégager un peu d'espace pour les poumons! Il a donc fallu attaquer une telle opération à vif sur un animal très affaibli par la dénutrition: il s'agit de prendre une aiguille métallique autour de laquelle se trouve un tube de caoutchouc (genre cathéter), on pique, on retire l'aiguille, on glisse une seringue et on aspire tout en priant que l'on ne touche pas d'organe vital et que l'animal ne se débate pas! Lors du premier drainage (on en a fait 4 en tout!), on a sorti autour de 40 ml de pus extrèmement nauséabond de la consistance d'une crème Danette. A peine quelques minutes après, l'animal a mangé voracement du petit pot pour bébé (c'est un bon truc à connaitre pour ceux qui doivent remettre sur pattes des animaux mal en point). Les drainages successifs ont été du meme ordre, mais le liquide extrait était toujours de moins en moins épais ... Restait le problème du traitement antibiotique adapté: car à un tel animal, on ne peut pas prescrire des cachets sans prendre un risque énorme: une rechute de versement entraine instantanément un refus de manger, et donc une interruption de la couverture antibiotique! 2 désastres pour le prix d'un! On s'est donc orienté vers un traitement sous-cutané de Unasyn, un produit à ample spectre, et ce pendant plus d'un mois et demi, à raison de 3 injections par jour. Sans compter le Frontline combo pour dégager les parasites cutanés ... Bien des semaines après (il y a eu des angoisses à cause de quelques rechutes, mais je passe), voici le résultat:

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DCAM0039DCAM0031

 

Un peu de sport, de temps en temps, pour garder la ligne:

 


Et pour ceux qui ont aimé les chatons (ce n'est pas elle la mère), en voici encore:

Publié dans Chats

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