La reprise sans consommateurs ...

Publié le par Laurent

 ... après la reprise sans travailleurs! Ca pourrait faire un bon slogan pour J.-L. Mélenchon, je crois. Plus sérieusement, je regardais le market wrap quotidien de RebelTraders.net ce matin lorsque j'ai vu sortir ce graphique long terme du sentiment de confort du consommateur US tel que mesuré par ABC news:

 

ABC-CCI

 

Cela m'a aussitot fait penser à un autre graphique, peut-etre moins bien connu, mais étrangement semblable, au moins pour les 10 dernières années, à savoir celui du CAC 40 exprimé en onces d'or:

 

CAC-Gold-10ans

 

Cette étrange similitude tend à suggérer qu'intuitivement, le "consommateur lambda" (comprendre: vous et moi) réagit instinctivement et finalement assez précisément à la valorisation réelle des actifs par le marché, une fois celui-ci déflaté de la liquidité artificielle potentiellement injectée par les banques centrales. Cette dernière précision est bien entendu essentielle: par exemple, entre 2003 et 2007, la bulle immobilière battait son plein (la période de gloire pour J.-M. Pouré) mais ce "sentiment de richesse" était principalement du à la liquidité excessive injectée dans le marché sous forme de prets en surnombre conséquence de taux directeurs maintenus trop bas pendant trop longtemps. Le "CAC en or" et le Consumer Confort index n'ont pratiquement pas réagi comparé à la chute du début des années 2000 ... Gardons en tète que la monnaie papier n'est qu'un titre sur la richesse d'une nation; fiat money is but a share on a nation's wealth.

 

Ceci va dans le sens des idées de Prechter qui stipule dans son Socionomics que c'est le social mood, "l'humeur des masses", qui est la force ultime qui bouge les marchés. Dans le cas actuel, les jeux d'écriture Keynesiens consistant à créer de la liquidité artificielle à partir de rien (out of thin air, comme disent les Anglo-saxons) trouveront leurs limites au moment où la population réalisera l'énorme schéma de Ponzi des économies financiarisées occidentales: c'est déjà un petit peu ce qui se passe avec la réforme des retraites en France avec des cinquantenaires qui se rendent compte que l'argent manque pour avoir le meme traitement que leurs anciens ... et ne parlons pas des quarantenaires à qui l'UMP devra expliquer qu'on attend d'eux qu'ils paient pour les retraités seniors, pour les jeunes chomeurs/précaires, pour la bulle immobilière (les quarantenaires sont les grands dépositaires des dettes long terme), pour leur propre retraite par capitalisation (eh oui, des jeunes chomeurs, ça ne cotise pas!), pour soutenir la croissance (il faut consommer pour tirer la croissance occidentale et asiatique), et tout cela avec des carrières pratiquement au point mort rapportées à celles des baby-boomers qui ont profité des "30 glorieuses". Je ne fais pas mention des hausses de taxes qui sont déjà un sujet brulant: la taxe carbone en France et les tea-parties aux USA, qui, contrairement à ce qu'on peut lire ici et là, ne sont pas des mouvements d'extrème-droite, mais des anti-fiscalité traditionnels (comme du temps de Reagan).

 

Gageons que les baby-bursters (aussi appelés Generation X), minoritaires démocratiquement comme leur nom l'indique (rappel: en Europe occidentale, on gagne les elections avec les retraités) mettront un moment pour se décider à réagir (je pense qu'ils le feront lorsqu'une bonne partie d'entre eux seront under-water sur leur dette immobilière, c'est-à-dire que la valeur de leur pret sera nettement supérieure à la valeur de leur bien à la vente) ... mais à ce moment-là, le Ponzi scheme occidental s'effondrera d'un coup, un peu comme celui de Madoff ou bien celui du "réchauffisme climatique".

 

Il y a quand meme de l'espoir avec, par exemple, Elizabeth Warren ou Naomi Klein:

 

Publié dans Bourse

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