La déflation et les soldes

Publié le par Laurent

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Il y a longtemps, j'ai commis un article sur la déflation qui avait créé une certaine polémique ... L'idée n'était pourtant pas de casser les pieds des lecteurs, mais bien de relater d'un phénomène qui devenait très visible cet automne. Et maintenant que nous sommes un semestre plus tard, je peux vous faire le Tome 2 de cette petite histoire. Et comme tout un chacun peut s'y attendre, le Tome 2, c'est comme le Tome 1, mais en plus fort. Fanatiques de la mode et des grandes marques, oubliez les embrouilles probables de e-bay et foncez tout droit négocier comme des durs avec les vendeurs: les ventes sont à plat et un employé d'un magazin exclusif Emporio Armani nous a confié que la baisse de chiffre d'affaires sur un an glissant était de -40% ... Enorme! Pourtant la collection Emporio de cet hiver était une pure merveille, tant chez les hommes que chez les femmes.

En gros, on a été stupéfait de constater du -50% sur toutes les griffes prestigieuses (Dior, Prada, Dolce & Gabbana--pas D&G, ...); les rabais plus modérés se faisaient sur les marques plus banales. Les vendeur(se)s avec des tetes d'enterrement essaient à grand peine de tenir leurs prix mais on arrive très bien à négocier un passage à -60% sans trop de problèmes au besoin en faisant jouer la montre. Par contre, il me semble que le seuil de douleur se trouve autour de -65%, voire -70% à l'extrème limite. Il faut dire que sur un costume à 1200€ prix d'entrée, -65% nous amène déjà autour de 400€, un rabais de l'ordre de 800€, ce qui n'est pas complètement négligeable dans l'absolu ...

La déflation, c'est ça (en partie): la valeur de la monnaie cash augmente à toute berzingue car les acheteurs solvables sont rares et les vendeurs nombreux. Le crédit se raréfie parce que le risque de défaut augmente. C'est l'hiver de Kondratieff (la théorie qui faisait marrer tous les Chicago Boys, mais qui pourrait bien survivre aux Efficient Markets à la mode dans les années 90), et le paradis pour les agents économiques peu (ou meme pas du tout) endettés puisque leur pouvoir d'achat grimpe en flèche.

Bien entendu, apparait un ver dans la pomme, sous la forme d'une sorte de théorème: Tout ce qui n'est pas payable à crédit déflate. Ceci a pour conséquence que les maisons et les voitures voient somme toute leurs prix baisser dans des proportions bien moindres ... A ma connaissance, l'expérience de permettre le paiement de fringues de luxe à coup de credit revolving est limitée à Louis Vuitton. On connait déjà ces moyens de procéder par coeur: ça produit de la dette subprime/toxique/risquée (choisissez le terme que vous préférez) que les banques n'ont qu'une envie: fourguer sous forme de dérivés louches sur le marché vu que ça fait mauvais genres dans les comptes trimestriels. Toutefois, cela constitue un signe intéressant au sujet des modes de gestion chez LVMH.

Dans mon cas personnel, j'ai pu m'en sortir avec un complet Giorgio Armani à -65%; une pure merveille! Je souhaite à tous les lecteurs d'avoir autant de succès dans leur chasse aux bonnes affaires!

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