Samedi 19 mai 2007
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(ce titre n'est qu'un clin d'oeil au film homonyme
http://www.imdb.com/title/tt0144814/ )
Le carry trade, ca fait un bon moment qu'on en parle, c'est la corne d'abondance à 330 milliards de dollars (l'estimation est grossière, probablement!) qui soutient à bout de bras des indices
boursiers de part le monde et nous a mis en place une bulle de l'obligataire encore plus énorme que la vertigineuse baisse de taux du
Maestro Greenspan ... Tout d'abord, rappelons en 2
mots de quoi il s'agit: on emprunte à taux très bas la devise d'une nation en pleine déflation (mais qui conserve tout de meme une monnaie que la "communauté internationale" s'accorde à ne pas
considérer un substitut au papier hygiénique) afin de réinvestir dans des véhicules à rendements plus élevés. Ca commence par des
Bunds US à 5%, après quoi l'on se frotte aux actions des
pays émergents jusqu'à la crise de 2006; celle-ci déclencha une "aversion au risque" qui ramena les investisseurs, pardon les
carry-traders, vers Wall Street et l'Europe. Depuis nous
observons des graphiques d'une symétrie frappante entre le S&P 500 et la "croix Dollar/Yen", ou bien le CAC40 et le JPN/EUR.
Illustration ? Voila:
http://www.linstantane.com/pages/inst-070314.htm
Vous allez me dire: oui mais une telle manipulation doit faire expliser l'inflation dans la nation éméttrice de devises, ne serait-ce qu'a cause de l'importation des matières premières cotées en
dollars sur le NYMEX. Eh bien non, c'est justement à ce niveau qu'arrive l'hypothèse salvatrice du
ralentissement de l'économie américaine (attention, on parle toujours
d'atterrissage en douceur!): les marchés anticipant un tassement de la demande via le frein à la consommation des ménages endettés jusqu'aux yeux dans les crédits immobiliers, le prix des matières
premières, meme cotées en devise "forte" (toiut est relatif!) reste sous controle ... aussi incroyable que cela puisse paraitre! J'en veux pour preuve que tous ceux (dont moi) qui ont investi sur
le tracker Lyxor CRB en sont pour leurs frais, entre le traitement de cheval des "pressions inflationnistes" (sur le pétrole et les métaux, comme l'aluminium, le nickel ou l'argent) et l'effet
de change USD/EUR ... Pour cela les banques emmettent dorénavant des certificats Quanto qui couvrent le risque de change.
A la veille de la réunion du G8 ce week-end avec le resserrement monétaire chinois sur, relisons la chronique de Ph. Béchade sur la précédente édition de l'évennement et gageons que cette
fois, les conclusions seront légèrement différentes, au moins à cause du rally du Dow Jones et de l'indice de Shanghai:
http://www.la-chronique-agora.com/lca.php?id=1075
Un extrait extrèmement intéressant est le suivant: "
Les exportations de marchandises nippones s'élèvent à 650 milliards de dollars, et elles n'ont progressé "que" de 9% en 2006, alors que
le yen a dégringolé parallèlement de 12% face à l'euro et de 3% face au yuan. Un constat s'impose : les bénéfices de la dévaluation compétitive du yen s'arrêtent là ou s'impose la formidable
puissance commerciale chinoise, toutes gammes de produits confondus -- y compris dans le secteur des services (BTP et fret maritime notamment) [...] Le paradoxe suprême, c'est que pour
soutenir les indices boursiers, il leur faut désormais pouvoir compter non pas sur une détente des taux (enfin si, mais uniquement au Japon)... mais bien sur une attitude de fermeté de la Fed et de
la BCE en cas de tensions inflationnistes. De ce point de vue, la remontée du pétrole au-delà de 62,5 $/baril, du cuivre ou de l'acier serait une bonne nouvelle. Tout vaut mieux en effet qu'une
remontée du yen." Voir le texte complet à l'adresse.
http://www.la-chronique-agora.com/lca.php?id=1073
D'autres essais intéressants sur ce fascinant sujet, à la meme adresse:
http://www.la-chronique-agora.com/essais-195.html
http://www.la-chronique-agora.com/essais-153.html
http://www.la-chronique-agora.com/essais-200.html
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